Comment corriger son style?


Caressez longuement votre phrase et elle finira par sourire.
Anatole France



Vous avez écrit votre texte, en avez retravaillé le contenu; vous en avez éliminé le superflu, vous y avez mis tout ce que vous vouliez y mettre. Conclusion et introduction générales sont rédigées. Il s’agit maintenant de rendre le texte attrayant et intéressant, agréable à lire.


Il est primordial de passer à cette étape une fois que le texte sera dans sa version finale du point de vue du contenu. C’est un travail qui, s’il est fait indépendamment du travail sur le contenu, est agréable : on travaille sur l’esthétique, le texte embellit.

Avec le temps, vous verrez que, plus vous aurez pratiqué cet exercice, et plus votre style s'améliorera, même lors de textes écrits d’une première traite.

Une fois que vous aurez terminé la correction stylistique, vérifiez l'orthographe, la grammaire et la ponctuation.

 

Comment procéder?

Relisez votre texte et concentrez-vous sur les points suivants :

 

La précision

Les substantifs utilisés sont-ils précis ? Peut-on en remplacer par d’autres plus précis ? Essayez plusieurs mots avant de choisir celui qui, dans le contexte, conviendra le mieux. Vous pouvez, pour ce faire, recourir à un dictionnaire des synonymes.

Attention aux répétitions : pour un terme spécifique jouant un rôle précis dans votre travail, il sera conseillé de ne pas user de synonymes mais de le conserver : le synonyme a rarement le sens précis du mot qu’il doit remplacer, ce qui peut égarer le lecteur. Usez toutefois de la répétition avec modération et pensez aux moyens que la langue met à votre disposition pour l’éviter (pronoms personnels, relatifs et démonstratifs, expressions telles que ce dernier, etc.).

Faites attention à ce que le terme que vous employez soit le terme propre. Exemple : ayant fait une impasse, il a une chance sur deux de rater l’examen – ce n’est pas de rater, mais de réussir qu’il a une chance.

Attention aux vocables qui veulent dire tout et rien en même temps. On citera par exemple des verbes comme se trouver, être, exister, avoir, aller, dire, voir, faire, prendre, etc.

Proscrivez les termes latins ou étrangers quand l’équivalent précis existe en français, ou encore les néologismes aussi longtemps qu’ils ne sont pas admis dans le dictionnaire.

La clarté

Contrôlez la longueur de la phrase sachant qu’une phrase comportant 20-25 mots est compréhensible, au-delà elle devient difficile à saisir.

Vérifiez que chaque phrase est construite autour d'un verbe à un mode conjugué. Assurez-vous du bien fondé de l'emploi des temps.

Vérifiez le bon emploi des pronoms personnels.

Veillez à ce que la proposition principale émerge clairement parmi les subordonnées.

Rappelez-vous que l’information principale est contenue dans la proposition principale, les informations secondaires dans les subordonnées.

Evitez les enchevêtrements de propositions subordonnées – c’est-à-dire qu’une proposition relative dépende elle-même d’une autre proposition relative.

 

La sobriété

Evitez les surcharges en adjectifs.

Traquez les adverbes. Le plus souvent, on peut les supprimer sans que le sens de la phrase en souffre le moins du monde.

N'abusez pas de termes techniques.

N'abusez pas de sigles et abréviations.


Extrait de Lire et rédiger à la fac. Du chaos des idées au texte structuré, avec l'aimable autorisation de L'Etudiant.